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Marche pacifique : Par milliers, les étudiants de l’UCAD ont réclamé justice pour leur camarade Fallou Sène

C’est par ces mots, « arrêter de nous tuer », qu’a démarré la grande marche des étudiants de l’UCAD, de la place de l’obélisque au rond-point RTS. Cette matinée du jeudi 24 mai leur sera mémorable. Habillés en tee-shirt rouge, frappés d’un « Hommage à Fallou Sène » ils brandissent des pancartes, banderoles en main, criant « justice, justice, justice, justice », justice pour leur camarade.

Au début de la marche, un net manque d’organisation se faisait sentir. A travers un fort chant de « étudiants, étudiants, combattant de la liberté », piqués par on ne sait quelle mouche trépidant, ils ont transformé la marche lente en marathon, puis en course.

Ce qui a entraîné une division, entre eux. La majorité a rejoint plus vite l’autre côté. L’un d’eux, qui paraît le chef, assis sur les épaules d’un de ses camarades, à travers un haut-parleur plus ou moins audible leur prie de bien vouloir rebrousser chemin afin de créer une logique et une cohésion dans la marche.

Ce qu’ils ont fait, sous les hurlements des autres « doucement, doucement, doucement, ralentissez ce n’est pas un marathon ».

Un arrêt qui a duré environ 7mn. Faisant un bloc maintenant, les bras levés en forme de croix, les étudiants reprennent le pas moins vite qu’avant, sous la supervision de forces de l’ordre. Tel un barrage, ces derniers ont marché devant eux, les mains reliées, avançant comme pour marquer le pas.

A peu près 20mn de marche ont suffi aux étudiants fougueux pour arriver à la RTS. Là, ils se heurtent à des barrières dressées par des forces de l’ordre et obligés, y érigent siège jusqu’à 12h, l’heure qui leur était incombé.

Des parents d’étudiants ont pris part à la marche pour apporter soutien et aux étudiants. Ce qu’atteste Mouhamadou Diémé, la soixantaine dépassée, parent d’un étudiant à l’UGB.  » Lorsque j’ai entendu la mort de Fallou Sène, j’ai été estomaqué. J’ai à la minute appelé mon fils pour le sommer de rentrer. Mais c’est scandaleux, hurle-t-il presque. « Toutefois, poursuit-il, j’approuve la manière dont sont entrain de procéder les étudiants. Cette marche pacifique est une bonne stratégie, » dit-il.

Dans la grosse foule, le professeur Malick Ndiaye. A son âge, il se fraye un passage, entre bousculades et coups de coude. Il explique la raison pour laquelle il a marché coude à coude avec les étudiants, dans sa toge de Docteur Honoris Causa de couleur jaune et noir. « La participation des enseignants était importante. Il fallait que l’on se fasse entendre, »dit-il. « Le système est responsable. Il a tué au temps du PS, du PDS et maintenant sous Macky Sall, ça suffit ! » tonne-t-il avant de se voir envahir par les étudiants pour un selfie.

Dans leurs revendications, ils exigent le départ des ministres impliqués dans le retard du paiement des bourses à savoir le ministre de l’Enseignement Supérieur Mary Teuw Niane, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan Amadou Ba et le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye non sans dénoncer ce qu’ils appellent la diversion de l’État du Sénégal. Pour les étudiants, le Président Macky Sall a voulu diviser pour mieux régner en recevant une partie des étudiants de l’UGB.
«Les étudiants de Ziguinchor, Saint-Louis, Bambey, de Dakar, nous sommes tous des étudiants du Sénégal. Toute tentative de division ne passera pas. Ce que nous réclamons c’est très clair, on ne peut profiter d’une mort. Il faut que les problèmes des étudiants soient réglés une bonne fois pour toute », déclare leur porte-parole.
« Nous demandons que tous les gens impliqués dans cette affaire soient punis. « Mary Teuw dégage ! » scandent-ils.

Ils réclament par ailleurs le paiement de leur bourse qui est, selon eux,  à l’origine de la mort de leur camarade. « Que tous les étudiants du Sénégal soient impliqués dans des discussions sereines et sérieuses », lancent-ils, avant de tourner les talons, mettant fin à la manifestation.

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